Démarche

Mon écriture poétique interroge le rapport au corps, à l’autre et à l’espace public, ainsi que le point de jonction entre la banalité et la violence du langage. Qu’est-ce qu’être un corps parmi d’autres ? Comment peut-on rendre compte de la présence de tout ce qui nous traverse ? Je souhaite des mots qui à la fois frappent et réconfortent.

Ces préoccupations se retrouvent dans ma pratique performative, qui conjugue la poésie sonore, la poésie-action, l’installation poétique participative et l’intervention dans l’espace public. Mon travail sur la voix et sur la vocalisation du poème vise à ponctuer ou à parasiter le texte par des chants et des bruits de bouche et de souffle, qui sont en bonne partie improvisés et s’inspirent notamment des chants de gorge inuits et mongols, du scream death métal et des spoken percussions. En lisant mes textes, je mets ma voix en danger.

Mon souci de donner une dimension performative à la poésie se poursuit dans les événements et interventions que j’ai orchestrés, notamment dans l’espace public. J’ai ainsi créé des dispositifs où le lecteur s’adresse à un seul auditeur, dans un autre cadre de conventions que celui de la récitation poétique, comme la « Poésie-massage » (le poète lit en massant l’auditeur) et « Poésie-sculpture-humaine » (plusieurs spectateurs touchent une partie du corps du lecteur). L’intimité que je privilégie dans l’écriture se transpose ainsi dans la lecture publique. Mon approche de la poésie-performance cherche à toucher doublement (par le texte et par la présence physique), à faire vivre une expérience de proximité, où les mains ne se posent pas sur le papier, mais sur des corps.

De plus en plus, j’intègre la vidéo à ma démarche. Intéressé par les liens entre poésie et performance ainsi qu’entre poésie et vidéo, je cherche à combiner les trois éléments pour arriver à faire quelque chose qu’on pourrait appeler de la vidéo-poésie-performance.

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